La lettre de Guy Carlier aux supporters du RC Lens et au stade Bollaert

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Ce mercredi 20 septembre 2017, Guy Carlier a lu une lettre émouvante destinée aux supporters du Racing Club de Lens au stade Bollaert. L’intervention du journaliste et chroniqueur a eu lieu dans l’émission L’Equipe d’Estelle.

Le bel hommage de Guy Carlier au RC Lens et au stade Bollaert

L’intégralité de la lettre de Guy Garlier

Mon cher stade Bollaert,
Dès qu’on t’aperçoit,
On ressent la même émotion qu’à la vue des masses sombres des terrils qu’on croise le long des derniers kilomètres d’autoroute qui nous mène vers toi.

On te dit Sang et Or mais ceux qui ont rempli tes tribunes depuis bientôt un siècle ont versé plus de sang dans les mines qu’ils n’y ont trouvé d’or.

Depuis des décennies, on chante, dans tes travées, le week-end pour oublier la semaine à construire des terrils justement. Voilà pourquoi depuis le début de la saison, tous ceux qui aiment le foot ont vécu les 7 défaites consécutives de tes joueurs comme autant de coups de grisou.

Et voilà pourquoi cette victoire contre Quevilly nous a rendus tellement heureux, même si d’aucun la trouve dérisoire.
Il y a quelques années, Bollaert, je t’ai rendu visite pour la première fois. Par prudence, j’avais acheté l’écharpe du match, moitié PSG moitié RCL (on appelle ça l’écharpe des cons). Ce n’était pas la peine. Ton ambiance familiale et bon enfant m’a permis de déguster tranquillement ma barquette de frites Sensas au Blanc de boeuf achetée à la camionnette de ton parking.

Chez toi, Bollaert, même quand le match n’est pas bon, on est heureux. On est heureux quand ta sono prévenir le conducteur d’une Opel Vectra qu’il a oublié de fermer sa vitre avant gauche. On est heureux parce que votre voisin vous raconte qu’il était là le jour où le Racing a tapé la Lazio 6-0. Et puis on est heureux à la mi-temps, juste avant le retour des joueurs, quand les tribunes se mettent à chanter Les Corons.
Je vous jure qu’à cet instant, le frisson est le même que celui du Never Walk Alone d’Anfield. À cet instant, sorti d’on ne sait où, peut-être simplement du coeur de nos souvenirs de mômes, qu’on voit entrer sur ta pelouse des fantômes glorieux.

Je vous jure que ce soir-là, j’ai vu Wisniewski, Georges Lech, Oudjani, Didier Six, Vercruysse, Daniel Leclercq, Tony Vairelles et Eric Carrière. Ou peut-être était-ce tout bêtement une illusion d’optique à cause de ce soleil rasant qui embrassait le stade.

On dit qu’il pleut souvent dans le Nord, peut-être, mais il existe un micro-climat sur Lens qu’on appelle le soleil de Bollaert. Une fois que tu l’as connu, tu le gardes pour toujours comme un trésor dans les replis de ton âme de footeux.

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